Le concept proposé par Michel Jean n’est pas sans rappeler deux mouvements antinomiques et qu’il veut, lui, complémentaires: L’Expressionnisme et le Naturalisme. Ce dernier, vu par Michel Jean n’a rien de comparable au mouvement de Zola, né en France à la fin du XIXème siècle. L’auteur du fameux «J’accuse» n’avait fait qu’emprunter aux sciences dites naturelles, leurs dénominations. Le Réalisme dont le Naturalisme est le prolongement après 1870 est un réalisme exacerbé, plus «noir», plus social et surtout plus scientifique. L’époque s’y prête: elle accorde une grande audience aux théories déterministes de Darwin, au positivisme d’Auguste Comte et à la médecine expérimentale du physiologiste Claude Bernard. Le mot même de «Naturalisme» est sur toutes les lèvres ( Balzac, Hugo, Taine, Flaubert) depuis le milieu du siècle.
Michel Jean, souhaite non seulement se rapprocher de l’étymologie du Naturaliste (à l’origine, celui qui se voue à l’étude des plantes, des minéraux, des animaux), mais également imposer – sur la toile – sa logique et ses connaissances de la nature: voir cours de peinture et stages de peinture.
Combien d’inepties Michel Jean a-t-il relevées lors de son étude des maîtres anciens? Combien d’œuvres ont été truquées pour favoriser une meilleure composition: un légume d’hiver avec un fruit d’été, une peau d’orange qui ne s’accroche nulle part, un pédoncule mal placé… Malgré une efficacité picturale incontestée Michel Jean ne désire pas tomber dans cette facilité qui consiste à privilégier l’esthétisme envers et contre tout.
Michel Jean est également influencé par l’Expressionnisme, vaste et complexe mouvement, dont le pôle principal fut l’Allemagne du premier quart du XXème siècle. L’Expressionniste ne procédait pas, comme beaucoup de ses semblables, d’un groupe ou d’un lieu déterminé et identifiable. Il résultait plutôt d’une fermentation multiple qui apparut dès la fin du siècle précédent.
Le nom d’ «Expressionnisme» ne fut forgé qu’après coup. On voulait désigner par là, sommairement, une vive réaction contre l’Impressionnisme de la génération antérieure. Le nouveau mouvement rassemblait des aspirations contradictoires où prédominaient l’angoisse et la révolte. Il fut profondément marqué, et comme justifié, par les tempêtes de son époque.
Toutes les disciplines artistiques reçurent l’empreinte de l’Expressionnisme, mais d’abord et surtout la peinture et les arts plastiques. Dans la percée s’engouffrèrent ensuite la littérature, le théâtre et le cinéma.
Au point de départ de la peinture de Michel Jean, il y a donc une très nette volonté de contester la vision contemporaine, qui se réclame pseudo fidélité du réel et s’accommode d’un certain optimisme. L’artiste expressionniste penche plutôt vers le pessimisme: il est conscient d’une progressive dégradation des rapports de l’homme et du reste du monde. De plus la concupiscence de Michel Jean l’incline à une forme de stylisation - partielle - plus ou moins abstraite de ses œuvres. Voir cours de peinture et stages de peinture.
Michel Jean se veut l’héritier des précurseurs de l’Expressionnisme: Van Gogh, James Ensor, et surtout le Norvégien Edvard Munch, dont la toile la plus célèbre, «le cri», servit d’emblème à la nouvelle génération, avec la stylisation des lignes, le thème de la peur et un certain nihilisme. Lorsque le groupe allemand Die Brücke qui subissait fortement l’influence de peintres comme Van Gogh, Gauguin et Munch, se désagrège après être passé de Dresde à Berlin, il est en quelque sorte relayé par celui Der Blaue Reiter qui tend vers l’abstraction autour de Kandinsky. C’est à la même époque, et à la faveur de ce bouillonnement, qu’on commence à parler d’Expressionnisme: le terme lancé par la galerie «Der Sturm» (Herwarth Walden) est d’abord appliqué un peu indistinctement à toutes les formes d’avant-garde, aussi bien au Blaue Reiter qu’aux fauves français (Vlaminck, Matisse, Derain, Van Dongen). Période riche et confuse, où l’on démêle assez difficilement ce qui distingue l’Expressionnisme du Cubisme ou même du Futurisme, sinon une commune volonté de mettre à bas le passé, de créer un art moderne.
Comme une révolution, cette volonté de mettre à bas le passé, de créer un art moderne au début du siècle, semble revenir aujourd’hui dans la peinture de Michel Jean qui souhaite utiliser le Naturalisme et l’Expressionnisme à son profit pour créer une expression moderne et avant-gardiste…. «Le Naturalisme Expressionnisme» ?...